Hyperconnexion | Rapport d'enquête

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created: 2025-09-23

updated: 15:16:50 - December 31, 2025

Hyperconnexion | Rapport d'enquête

Ouarkia, Ilham, Fatoumata

Problématique

Dans un contexte de numérisation permanente, le smartphone occupe une place centrale dans la vie des jeunes adultes. Les résultats de notre questionnaire le montrent clairement, 64 % des répondants utilisent leur téléphone plus de huit heures par jour, et 73 % se couchent après 23 heures. Cette hyperconnexion crée une continuité entre le jour et la nuit, où l’écran devient souvent le dernier geste avant de dormir.

Si les effets négatifs de ces usages sur la santé sont bien connus, leur persistance invite à s’interroger sur les mécanismes profonds de l’attachement numérique. Quelles motivations psychologiques, quelles peurs et quelles stratégies de régulation expliquent que les jeunes et les étudiants continuent d’utiliser leurs écrans tard le soir, malgré la conscience de leurs effets sur le sommeil ? Comprendre cette contradiction suppose d’examiner comment le besoin de décompression émotionnelle en fin de journée et la peur de manquer quelque chose (FOMO) prennent souvent le dessus sur l’impératif physiologique du repos.

Questionnaire

Résultats

Les données viennent du questionnaire que nous avons construit à partir du chemin de fer réalisé lors de notre activité de tri des indicateurs. Après avoir identifié les grandes étapes du parcours (usage des écrans, comportements au coucher, sommeil et impacts sur la journée), nous avons rédigé un questionnaire composé de 37 questions réparties en quatre sections, en nous appuyant sur ce travail préparatoire. Cette étape nous a permis de définir précisément les informations que nous voulions recueillir, qui sont le temps passé sur les écrans, les types d’activités réalisées le soir, les habitudes au moment du coucher, la qualité du sommeil, ainsi que les effets ressentis le lendemain. Une fois le questionnaire finalisé, nous l’avons mis en ligne sur LimeSurvey pour la diffusion et la collecte. Nous avons ensuite partagé le lien à notre entourage (amis, camarades, famille) et nous leur avons demandé de le transmettre à leurs proches pour toucher un public plus large. Une amie a également diffusé le questionnaire sur le réseau social X, ce qui a permis d’augmenter le nombre de participants. Le questionnaire a été diffusé pendant quatre semaines, et au total 60 personnes ont répondu.

Le questionnaire comporte différents types de données des réponses fermées (choix multiples, échelles de fréquence, catégories de temps), des tableaux à cocher selon les usages, ainsi que quelques réponses plus libres grâce à l’option « Autre ». Les réponses recueillies permettent d’obtenir une description précise des habitudes numériques des participants. Elles montrent notamment les moments où les écrans sont le plus utilisés, les types de contenus consommés avant de dormir, les raisons qui poussent les participants à rester connectés le soir, ainsi que leurs ressentis face à cette utilisation (fatigue, difficulté à décrocher, impression de passer trop de temps sur les écrans). Les données décrivent aussi les heures de coucher, le temps passé sur les écrans une fois au lit, la durée d’endormissement et la quantité de sommeil en semaine et le week-end. Enfin, elles donnent un aperçu des effets perçus le lendemain, comme la concentration, l’humeur, la somnolence ou la fatigue.

Analyse et interprétation

Les données du questionnaire mettent en évidence la relation entre l’usage quotidien du téléphone et les moments de coucher observés chez les répondants. Parmi les 60 personnes qui ont répondu au questionnaire, près des deux tiers (64%) passent plus de 8 heures par jour sur leur téléphone. Une majorité (73%) vont aussi se coucher après 23 heures. Ce qu’on remarque, c’est que ces deux choses semblent liées. Parmi ceux qui utilisent leur téléphone plus de 8 heures, (78%) se couchent tard, après 23 heures. Chez ceux qui l’utilisent moins de 4 heures, ils ne sont que (52%) à se coucher aussi tard. Autrement dit, l’écran est là toute la journée, du réveil jusqu’au moment d’aller dormir. Il reste finalement peu de temps pour vraiment couper. Cette présence constante finit par créer une sorte de continuité. On passe d’un moment à l’autre avec le téléphone à portée de main, sans vraiment faire de pause nette. Du coup, difficile de s’en séparer brutalement le soir. Il fait tellement partie de la routine qu’on ne pense même plus à le poser. Juste avant de dormir, les pratiques sont assez révélatrices. Près de la moitié des répondants (48%) regardent des vidéos, un tiers (35%) scrollent sur les réseaux sociaux, et (28%) lancent une série. Ce qui ressort, c’est que tous ces usages se ressemblent, ce sont des moments où l’on cherche avant tout à se détendre, à ne rien faire de particulier. Il ne s’agit pas de travailler ou de répondre à des obligations, juste de ralentir un peu, de souffler. L’écran devient un moyen de se détendre et de gérer ses émotions en fin de journée. Après une journée souvent bien remplie, le téléphone sert de refuge, un moment rien qu’à soi où on peut enfin lâcher prise. Plus de la moitié des répondants (55%) disent même que ces moments leur font vraiment du bien et les aident à se détendre.

Ces résultats montrent une forme d’hyperconnexion qui commence dès le matin et continue jusqu’au moment de dormir. Le téléphone est présent tout au long de la journée, et il devient difficile de vraiment le poser le soir. Les réponses montrent aussi qu’au moment du coucher, le téléphone sert surtout à se détendre et à souffler après une journée chargée. Même si ces moments font du bien, ils repoussent l’heure du coucher et réduisent le temps de déconnexion. Le fait d’utiliser son téléphone au lit garde l’esprit en éveil plus longtemps et retarde l’endormissement, ce qui peut finir par dérégler le rythme de sommeil.

Pour conclure, les résultats du questionnaire montrent que l’usage du téléphone et les heures de coucher sont étroitement liés. Les personnes qui passent beaucoup de temps sur leur téléphone ont tendance à se coucher plus tard, ce qui montre une forme d’hyperconnexion qui s’installe dans leur routine du matin jusqu’au soir. Les pratiques du coucher (regarder des vidéos ou lancer une série) montrent que le téléphone sert surtout à se détendre et à souffler après la journée. Même si ces moments leur font du bien, ils repoussent aussi l’heure du coucher et réduisent le temps de déconnexion. L’analyse met donc en évidence une hyperconnexion quotidienne, qui apporte du réconfort mais peut aussi perturber le rythme de sommeil.

Entretiens

Résultats

Les données viennent de trois entretiens semi-directifs réalisés auprès de jeunes femmes âgées de 17 à 23 ans. Ces entretiens ont été préparés en amont grâce à une grille d’entretien élaborée à partir d’une activité faite en cours. Cette préparation nous a permis d’identifier les points à explorer en prodondeur, notamment les motivations d’usage des écrans en soirée, les ressentis associés, les interruptions nocturnes, la présence des appareils dans la chambre ou encore la peur de manquer quelque chose (FOMO). La grille a aussi servi à organiser un déroulé d’entretien clair, allant du contexte personnel aux stratégies de régulation, en passant par les pratiques numériques quotidiennes, les comportements au coucher et les impacts perçus. Cette étape a été essentielle pour garantir une collecte de données cohérente et pour s’assurer que chaque entretien aborde les mêmes dimensions.

Les entretiens ont été réalisés en face-à-face, dans des lieux calmes pour faciliter une discussion naturelle et détaillée. Le premier entretien a eu lieu avec Magali, 23 ans, étudiante en BTS Comptabilité-Gestion en alternance. Le deuxième a été mené avec une élève de Terminale STMG, rencontrée dans un café le 16 décembre à midi, pour un échange d’environ quarante-cinq minutes. Le troisième entretien s’est déroulé avec une élève de SMA4 lors d’un brunch le 14 décembre 2025. Dans les trois situations, les participantes étaient à l’aise et disponibles, ce qui nous a permis de recueillir des descriptions précises de leurs routines du soir, de leurs usages numériques et de leurs ressentis face à l’hyperconnexion. Tous les entretiens ont été enregistrés puis entièrement retranscrits pour disposer d’un support complet pour l’analyse.

Les trois entretiens font ressortir plusieurs points communs. Les participantes parlent surtout de leurs motivations du soir (se détendre, passer le temps, décompresser), de leurs habitudes avant de dormir (scrolling, vidéos, réseaux sociaux) et des réveils nocturnes liés au téléphone. Elles décrivent aussi leurs ressentis, comme la fatigue au réveil ou les difficultés à s’endormir. Enfin, elles évoquent quelques tentatives pour réduire l’usage des écrans, même si cela reste difficile à tenir.

Analyse et interprétation

Les trois entretiens montrent une hyperconnexion très forte chez les jeunes, particulièrement visible dans l’entretien 1 où l’enquêtée utilise son téléphone du réveil jusqu’à l’endormissement. Le smartphone structure toute sa journée (réveil, trajets, devoirs en appel, repas, détente, coucher), ce qui montre que l’hyperconnexion est vécue comme une routine normale plutôt qu’un excès. On observe aussi une contradiction entre leurs discours et leurs pratiques. Elles affirment pouvoir se contrôler, mais décrivent des usages compulsifs (stress des notifications, impossibilité de laisser un message sans réponse, perte de la notion du temps sur TikTok).

La dimension sociale est centrale, les écrans servent à maintenir le lien (appels, groupes de classe, discussions tardives). Pour elles, se déconnecter signifie risquer de manquer quelque chose, ce qui rend la réduction de l’usage difficile. Les entretiens montrent également un phénomène de procrastination du coucher, elles prolongent volontairement leur temps d’écran pour « rattraper » du temps personnel, ce qui retarde l’endormissement et crée une fatigue chronique. Elles sont conscientes des effets négatifs, mais n’arrivent pas à changer leurs habitudes, ce qui révèle une forte ambivalence.

L’analyse réalisé avec Voyant tools confirme ces observations. En effet, après avoir mis les trois entretiens dans Voyant Tools, le nuage de mot (Cirrus) montre que le terme « téléphone » est de loin le plus fréquent, suivi de « dormir », « soir », « temps », « écrans », « messages », « vidéos », « réseaux » et « TikTok ». Ces mots dominants indiquent que les usages numériques sont fortement associés aux moments de détente, de sociabilité et surtout au coucher. De plus, l’outil grappe de terme confirme également la centralité du terme « téléphone ». Sa bulle est la plus grande, entourée de mots comme « dormir », « soir », « temps », « écrans », « réseaux », « vidéos », « TikTok », « sommeil » ou encore « fatiguée ». Cette visualisation montre que elles associent fortement l’usage du téléphone aux moments du soir, au sommeil et aux réseaux sociaux, ce qui renforce l’idée d’une hyperconnexion surtout nocturne. Ensuite, l’outil termes du document révèle que ces mots sont particulièrement concentrés dans les segments liés au soir. Par exemple, « téléphone » apparaît 28 fois, tandis que « dormir » et « soir » sont également très présents. Cela renforce l’idée que l’hyperconnexion est surtout nocturne et qu’elle s’inscrit dans des routines personnelles, souvent prolongées jusqu’à l’endormissement. Enfin, l’outil ligne de bulle montre que les mots « téléphone » et « écrans » sont présents dans tous les entretiens. La ligne de bulles illustre une répartition régulière de ces termes dans les deux entretiens comparés, ce qui confirme leur rôle central et constant dans le quotidien des participantes.

Pour conclure, les entretiens et l’analyse lexicale menée avec Voyant Tools montrent que l’hyperconnexion est alimentée par plusieurs facteurs, qui sont la routine, la sociabilité, le besoin de se détendre et parfois le manque de temps personnel. Les écrans procurent un plaisir immédiat, mais génèrent aussi de la fatigue, du stress et des regrets. L’hyperconnexion apparaît ainsi comme un phénomène complexe utile et problématique, qui influence directement le bien‑être et le rythme de vie des jeunes.

Analyse autocritique (entretien et questionnaire)

Fatoumata

Notre questionnaire, que nous avons fait en groupe, avait quelques limites. Il était assez long (37 questions), donc certaines personnes ont abandonné avant la fin. Du coup, les résultats ne sont pas toujours complets. Avec du recul, on aurait aussi pu poser plus de questions sur des sujets importants comme le FOMO, les messages tard le soir ou l’usage du téléphone pendant la nuit. Pour l’entretien que j’ai mené, il y a aussi eu des limites. Comme je connaissais l’enquêtée et qu’on a presque le même âge, elle s’est sentie à l’aise, ce qui a peut‑être influencé ses réponses. Malgré ces limites, plusieurs choses ont très bien fonctionné. L’entretien s’est déroulé dans un climat de confiance, et l’enquêtée a parlé librement, même sur des sujets sensibles comme la fatigue, la culpabilité, le FOMO ou son refus d’utiliser une application de contrôle du temps d’écran. Mes relances basées sur des situations concrètes (« raconte-moi une soirée type ») m’ont permis d’obtenir une description précise de sa routine numérique (téléphone dès le réveil, multitâche le soir, modes « ne pas déranger », difficulté à décrocher, etc). Ce qui m’a le plus marquée, c’est son discours très contradictoire. Elle sait que les écrans sont mauvais pour son sommeil, sa santé et sa concentration, mais elle dit aussi que son téléphone l’aide pour sa vie sociale, son bien‑être et son organisation scolaire. Elle montre clairement l’écart entre ce qu’elle sait et ce qu’elle fait. Cette contradiction, liée au FOMO et aux notifications, montre que l’hyperconnexion fait vraiment partie de son quotidien. En enfin, le questionnaire a été facile à partager, et l’entretien s’est très bien passé. L’enquêtée a été honnête, ce qui m’a aidée à comprendre ses habitudes numériques et ses difficultés à décrocher. Cette enquête m’a aussi fait réfléchir à ma manière d’enquêter et à l’importance de garder une certaine distance pour ne pas influencer les réponses.

Ilham

Quand on observe les résultats de cette enquête, plusieurs éléments ressortent de manière significative. Au départ, l’objectif était de mesurer le temps passé sur les écrans en soirée. Mais l’analyse a rapidement montré que la question était plus complexe qu’il n’y paraissait. Le questionnaire a fourni des données chiffrées intéressantes. On constate que les personnes qui passent beaucoup de temps sur leur téléphone durant la journée ont tendance à se coucher plus tard. Toutefois, ces chiffres restent difficiles à interpréter sans contexte. L’entretien avec Magali a permis de donner du sens à ces données. Ce qui ressort de son témoignage, c’est l’absence de justification dans son discours. Elle décrit simplement sa journée habituelle, et le téléphone y occupe une place constante. Du réveil au coucher, en passant par les pauses entre les cours et les moments de repas, l’appareil est omniprésent. Elle exprime cela naturellement, comme si cette présence était devenue évidente. Ce qui interpelle, c’est qu’elle identifie clairement les problèmes que cela engendre. Elle dort mal, sa concentration diminue le lendemain, la fatigue s’accumule. Pourtant, elle ne parvient pas à modifier ses habitudes. Le contexte de l’entretien a également joué un rôle important. La proximité d’âge et les références partagées ont créé un climat de confiance. Magali a pu aborder des aspects personnels, notamment sa culpabilité face au temps passé sur certaines applications, ou son anxiété liée au FOMO à l’idée de manquer des messages importants si elle éteint son téléphone. Cette proximité a favorisé un discours sincère, mais elle a possiblement limité la distance critique nécessaire à l’analyse. Concernant le questionnaire, certaines dimensions auraient mérité d’être approfondies. Par exemple, les stratégies de régulation déjà expérimentées par les répondants, l’usage d’applications de contrôle du temps d’écran, ou encore les moments où le besoin de connexion se fait le plus sentir. Un constat revient de manière récurrente. Il existe une forme de contradiction interne. Les personnes reconnaissent les effets négatifs de leur usage des écrans sur leur sommeil, leur fatigue et leur concentration. Mais elles perçoivent également des bénéfices importants, notamment sur le plan social et émotionnel. Le revenge bedtime procrastination correspond à des réalités vécues et partagées par de nombreuses personnes. Si cette enquête devait être reconduite, il serait pertinent d’élargir l’échantillon à d’autres tranches d’âge et à des personnes en activité professionnelle à temps plein. Il serait également intéressant de confronter les déclarations avec les données objectives fournies par les appareils eux-mêmes, afin de mieux comprendre les écarts entre perception et usage réel.

Ouarkia

L’étude réalisée sur l’usage des écrans et le sommeil révèle une tension constante entre la rigueur méthodologique et la réalité d’un phénomène qui nous dépasse. Sur le plan technique, la force de ce travail réside dans l’articulation entre les données chiffrées du questionnaire et la profondeur des entretiens semi-directifs. Cependant, l’autocritique met en évidence des limites notables, comme la longueur du questionnaire qui a généré des abandons, ou le biais de proximité lors des entretiens. La ressemblance de profil entre nous, les enquêtrices et les participantes a certes facilité la confidence, mais elle a parfois limité la neutralité nécessaire. Le constat majeur reste l’existence d’un paradoxe profond, une conscience aiguë des méfaits du numérique (fatigue, perte de concentration) associée à une incapacité comportementale à s’en détacher, illustrant une forme de dépendance structurelle plus que de simples mauvaises habitudes.

Sur un plan plus personnel, ce travail résonne comme un autoportrait. Nous sommes tous et toutes soumis à la surstimulation numérique, analyser les routines de nos proches ou les résultats de LimeSurvey revient à observer ses propres mécanismes de défense et d’addiction. L’étude de la « revenge bedtime procrastination » ne constitue pas seulement une donnée statistique, mais une réalité vécue où l’écran sert de refuge émotionnel pour compenser une journée saturée, je me reconnait moi même dans ce comportement. Ce travail me touche particulièrement car il met en lumière une lutte quotidienne contre le FOMO et la fatigue chronique, des sensations familières qui rendent l’analyse d’autant plus sensible. L’implication dans cette étude force à sortir du déni, l’hyperconnexion n’est plus seulement un sujet de recherche, c’est une condition partagée qui influence notre santé mentale et notre rapport au temps, rendant la séparation entre l’observateur et l’objet d’étude extrêmement poreuse.

Conclusion

Cette étude montre un paradoxe central de la « génération hyperconnectée », même si nous connaissons bien les risques pour la santé, nous avons du mal à décrocher. Les données quantitatives et l’analyse lexicale avec Voyant Tools indiquent que le smartphone n’est plus seulement un outil, mais un véritable environnement de vie.

L’enquête montre aussi que l’usage nocturne répond à des besoins psychologiques importants. Pour 55 % des participants, l’écran sert de « refuge » pour gérer les émotions de fin de journée et reprendre du temps sur le sommeil (revenge bedtime procrastination). Mais cette recherche de détente est vite perturbée par le FOMO et l’usage compulsif des réseaux sociaux, ce qui entraîne fatigue et baisse de l’humeur. Les tentatives de régulation existent, mais restent fragiles face à des outils conçus pour capter l’attention.

Sur le plan de la recherche, ce travail rappelle qu’il est difficile de garder une distance critique face à un objet qui fait partie de notre quotidien. L’analyse des entretiens a agi comme un miroir, révélant notre propre surstimulation. Au final, l’hyperconnexion apparaît comme une expérience commune, où la frontière entre enquêteur et enquêté s’efface, et où chacun tente de retrouver du repos dans un monde de sollicitations constantes.

Pour conclure, l’hyperconnexion ne relève pas d’un manque de discipline, mais d’un besoin de relâcher la pression face à des outils conçus pour capter l’attention. Chez les jeunes, le revenge bedtime procrastination sert à retrouver un sentiment de liberté, au prix du sommeil. Cette impression de contrôle reste pourtant illusoire, puisque le FOMO et l’hypervigilance rendent la déconnexion difficile. L’amélioration du sommeil ne peut donc pas reposer uniquement sur l’effort individuel. Il faut apprendre à mieux gérer l’usage du numérique et instaurer des régulations limitant les mécanismes de dépendance. Retrouver un bon sommeil revient ainsi à reprendre le contrôle sur son smartphone et à considérer la déconnexion comme une nécessité pour le bien‑être.

Annexes

Journal de bord

Grille d’entretien

Transcription entretiens

Visualisation Voyant tools

Graphique questionnaire