Synthèse | Hyperconnexion

0SMf6PjQTRakvo5f3PI9bw (edit on libreon)

created: 2025-09-23

updated: 13:21:22 - January 5, 2026

Synthèse | Hyperconnexion

Ouarkia, Ilham, Fatoumata

Hyperconnexion | Carnet de veille

#date:25décembre #synthèse

Introduction et contexte

Le point de départ de cette veille, c’est un constat simple, nous vivons dans un monde où les écrans sont partout, tout le temps, et cette hyperconnexion modifie profondément nos habitudes. Chez les jeunes, le smartphone est devenu un réflexe permanent, au point d’impacter directement leur rythme de vie et, surtout, leur sommeil. Ce phénomène est aujourd’hui considéré comme un véritable enjeu de santé publique.

L’hyperconnexion désigne justement cet usage intensif et quasi permanent des outils numériques, au point qu’elle finit par transformer les comportements. On peut même la considérer comme une forme d’addiction numérique, car elle crée une dépendance avec le besoin constant de vérifier son téléphone, de répondre immédiatement aux messages, de consulter les notifications ou de scroller sans fin. Cette connexion continue perturbe le sommeil, la concentration et le rythme de vie. Elle touche particulièrement les adolescents, dont les usages scolaires, sociaux et ludiques se mélangent sur les mêmes écrans. Mais elle concerne aussi les adultes, notamment dans le cadre professionnel, où la disponibilité permanente est devenue la norme. L’hyperconnexion montre ainsi que la technologie, lorsqu’elle est omniprésente et mal contrôlée, peut modifier les routines quotidiennes et avoir des effets négatifs sur la santé mentale et physique.

Pour comprendre l’ampleur du problème, nous avons mobilisé des sources variées dans notre carnet de veille. L’Observatoire Régional de Santé d’Île-de-France a publié en 2020 plusieurs études très complètes sur les collégiens, lycéens et jeunes adultes franciliens. Leurs résultats sont clairs, plus on utilise les écrans le soir, plus les risques d’insomnie, de dette de sommeil et de fatigue chronique augmentent. Des travaux menés en Suisse par l’Université de Genève vont dans le même sens, scroller après 21h retarde l’endormissement et réduit la durée totale de sommeil, notamment à cause de la lumière bleue qui perturbe la production de mélatonine. D’autres acteurs, comme la CAF ou l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance, insistent sur la prévention, instaurer un « couvre-feu digital », éviter les écrans dans la chambre ou privilégier des activités apaisantes avant de dormir. La presse met en avant des témoignages d’étudiants et de jeunes salariés qui peinent à trouver un équilibre entre vie numérique et repos. Enfin, des analyses psychologiques (FOMO, procrastination du coucher, hypervigilance numérique) montrent que le problème ne se limite pas à la technologie, il touche aussi nos comportements et nos émotions. Au final, toutes ces sources convergent, l’utilisation massive des écrans le soir dégrade nos rythmes et notre capacité à bien dormir.

Problématique

Les données montrent un paradoxe clair, même si les jeunes connaissent les risques des écrans sur le sommeil, ils continuent à les utiliser tard le soir, parfois même davantage. Cela montre que l’hyperconnexion n’est pas seulement une habitude, mais qu’elle répond aussi à des besoins psychologiques. Entre la peur de manquer quelque chose (FOMO) et la recherche de réconfort après une journée stressante, le smartphone devient à la fois un refuge et une source de perturbation.

Il ne s’agit donc pas seulement de constater une baisse de la qualité du sommeil, mais de comprendre les tensions entre les envies individuelles, les inquiétudes liées au quotidien et les tentatives de se réguler. C’est dans ce cadre que se pose notre question : Quelles sont les motivations psychologiques, les peurs et les tentatives de régulation qui expliquent la persistance de l’utilisation tardive des écrans par les jeunes et les étudiants, malgré la connaissance de ses conséquences sur la qualité de leur sommeil ?

Description et analyse des sources

Description des sources

Les documents que nous avons étudiés se répartissent en trois grands types, ce qui nous permet d’avoir une vision claire et complète du sujet.

Le premier type regroupe les études scientifiques et les rapports institutionnels. Les travaux de l’Observatoire Régional de Santé d’Île-de-France donnent des chiffres précis sur les usages numériques des jeunes et leurs troubles du sommeil. L’Institut National du Sommeil et de la Vigilance explique comment la lumière bleue retarde l’endormissement.

Le deuxième type correspond aux articles de presse, qui apportent une dimension plus concrète. Le Monde présente des témoignages d’étudiants qui dorment mal à cause des écrans. TF1 Info parle de la « revenge bedtime procrastination », un comportement très répandu chez les jeunes adultes. D’autres articles, comme ceux de My Happy Job ou de France24, montrent que l’hyperconnexion touche aussi les salariés, notamment avec les mails tardifs et le télétravail.

Enfin, le troisième type rassemble les articles spécialisés et les analyses psychologiques. The Conversation étudie le FOMO, cette peur de rater quelque chose qui pousse à rester connecté. AddictAide parle de l’hyperconnexion comme d’une forme d’addiction. PRO BTP et Les Échos analysent les effets physiques et psychologiques des écrans, tandis que la revue Santé Mentale alerte sur les risques pour les enfants et les adolescents.

Même si ces sources sont très différentes, elles se complètent et permettent de comprendre l’hyperconnexion sous plusieurs angles, social, psychologique et professionnel.

Analyse des sources

L’analyse des documents montre d’abord que les effets des écrans sur le sommeil sont clairement établis. Les études scientifiques expliquent que la lumière bleue bloque la mélatonine, que les écrans maintiennent le cerveau en éveil, et que leur utilisation le soir provoque insomnies, réveils nocturnes et dette de sommeil. Ces constats reviennent dans toutes les sources institutionnelles.

Les articles de presse et les analyses psychologiques montrent ensuite que nos comportements numériques aggravent encore la situation. Beaucoup de jeunes repoussent volontairement l’heure du coucher pour scroller, regarder des séries ou simplement « récupérer du temps pour soi ». La « revenge bedtime procrastination » et le FOMO expliquent pourquoi on reste connecté même quand on est épuisé. Les notifications créent une sorte d’hypervigilance qui empêche de vraiment décrocher.

Les sources soulignent aussi la dimension psychologique et sociale de l’hyperconnexion. La pression d’être toujours disponible, la peur de rater quelque chose, la surcharge mentale liée aux études ou au travail et l’habitude de tout faire via un écran rendent la déconnexion difficile. Ce n’est donc pas seulement un problème lié aux appareils, mais aussi à nos comportements et à nos émotions.

Enfin, les documents montrent que l’hyperconnexion touche toute la société. Les adolescents sont très concernés, mais les salariés le sont tout autant. Le télétravail, les mails tardifs et les messageries instantanées brouillent les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle, créant ainsi une fatigue numérique qui s’ajoute au manque de sommeil.

Conclusion

L’analyse des différentes sources mène à un constat clair, la persistance de l’utilisation nocturne des écrans n’est pas le fruit d’une méconnaissance des risques, mais le résultat d’un arbitrage psychologique complexe. En effet, la motivation principale réside dans le concept de « revenge bedtime procrastination » (procrastination du coucher par vengeance). Pour les jeunes et les étudiants, le temps dérobé au sommeil devient l’unique espace de liberté face à des journées saturées de contraintes académiques.

De plus, cette résistance au coucher est alimentée par des peurs sociales profondes, notamment le FOMO (Fear of Missing Out). Cette crainte de l’exclusion numérique maintient le cerveau dans un état d’hypervigilance et d’alerte permanente, rendant la déconnexion psychologiquement coûteuse. Le smartphone agit alors comme un refuge contre l’anxiété, tout en devenant le principal perturbateur du cycle circadien par le blocage de la mélatonine. Enfin, les tentatives de régulation, qu’elles soient individuelles (couvre-feu digital) ou institutionnelles (droit à la déconnexion), se confrontent à une architecture numérique conçue pour attirer et maintenir l’attention. En somme, la persistance de ce comportement révèle que l’hyperconnexion est moins un problème technique qu’un enjeu de comportement et d’émotions, où la recherche de lien social et de détente immédiate l’emporte sur la gestion à long terme de la santé physique et mentale.

Pour conclure, l’hyperconnexion est un enjeu de santé publique qui dépasse la simple volonté individuelle. Elle est le produit d’une société où la frontière entre vie privée, sociale et productive est abolie par l’écran. La résolution de ce paradoxe ne pourra passer uniquement par l’information sur les risques, mais nécessitera une véritable éducation à l’hygiène numérique et une régulation plus stricte des mécanismes de captation de l’attention par les plateformes.

Bibliographie Zotero

AFP. (2025, juin 27). L’hyperconnexion, un danger croissant pour les salariés et les entreprises. France 24.

BOUCHOUL, S. (2025, mai 23). Revenge bedtime procrastination : Pourquoi passe-t-on autant de temps sur notre téléphone avant de dormir ?

Bowers, J. (2025, mars 11). Quel impact des écrans sur notre sommeil ? Polytechnique Insights.

Carré, E. (2025, octobre 23). Le « FOMO » ou peur de rater quelque chose : Entre cerveau social et anxiété collective. The Conversation.

Dr Adrien. (s. d.). Sommeil et nouvelles technologies.

Écrans, hyperconnexion… Quels impacts sur notre sommeil ? (2021).

Gutierrez, M. (2023, octobre 3). L’hyperconnexion, une nouvelle forme d’addiction ? Addict’AIDE Pro - Le Mag’.

Lemonnier, P. (2025, juin 20). Hyperconnexion : Trop de mails, trop d’interruptions, trop de journées à rallonge ! | My Happy Job.

L’Observatoire Santé PRO BTP (Dossier d’experts). (2023, novembre 6). Écrans, smartphones & hyperconnexion : Quelles conséquences sur notre santé ? Les Échos.

Matulonga, B., & Grémy, I. (2020). Le sommeil des jeunes Franciliens à l’ère du numérique : Un enjeu de santé publique largement sous-estimé. Observatoire Régional de Santé (ORS) Île-de-France.

Mouton, S., & Benyamina, A. (2025). Enfants et écrans : La jeunesse n’est pas à vendre ! Santé Mentale.

Pérol, C. (2019, janvier 18). Quand le sommeil se détraque pendant les études. LeMonde.Fr.

Zayoud, A., & Diakiese, B. M. (2020). Effets des écrans sur le sommeil des adolescents (Focus santé en Île-de-France). Observatoire Régional de Santé (ORS) île-de-France.